Carburant : combien vous coûte vraiment la flambée des prix depuis le début du conflit au Moyen-Orient ?

Clara Lemelin - Photo de profil - livepeople
Par Clara
3 Minutes de Lecture
Depuis fin février 2026, les prix à la pompe ont bondi en France à cause du conflit au Moyen-Orient et du blocage du détroit d'Ormuz.

Depuis fin février 2026, les prix à la pompe ont pris un sacré coup de chaud. Entre la guerre au Moyen-Orient et le blocage du détroit d’Ormuz, les automobilistes français font face à une hausse brutale qu’ils n’avaient pas vu venir aussi vite. Concrètement, ça donne quoi dans le portefeuille ?

Des chiffres qui font mal au moment de faire le plein

En une semaine à peine après le début des frappes, le SP95-E10 a grimpé de 10 centimes et le gazole de 26 centimes. Ça peut sembler anodin, mais sur un plein de 50 litres, c’est environ 5 euros de plus pour l’essence et carrément 13 euros pour le diesel. Et ça, c’était juste la première semaine.

Mi-mars, le gazole dépassait en moyenne 2,08 euros le litre. Dans certaines stations des Deux-Sèvres, il frôlait même les 3 euros. Le SP95, lui, se stabilisait autour de 1,95 euro. Des niveaux qui rappellent douloureusement 2022 au début de la guerre en Ukraine, quand tout le monde faisait la queue pour « attraper » l’essence à 1,70 euro.

Ce que ça représente sur un mois pour une famille française

Un automobiliste rencontré à Lille résumait bien la situation : avec deux voitures, son budget carburant tourne déjà autour de 300 euros par mois. Avec une hausse de 20 à 30 % intégrée, on parle de 60 à 90 euros supplémentaires chaque mois. Pas rien.

CarburantPrix avant conflit (fin février)Prix mi-mars 2026Hausse sur 50L
SP95-E10~1,72 €/L~1,95 €/L+11,50 €
Gazole~1,75 €/L~2,08 €/L+16,50 €
SP98~1,75 €/L~1,82 €/L+3,50 €

Pourquoi le gazole trinque plus que l’essence ?

L’IFPEN (IFP Energies nouvelles) a fourni une explication technique intéressante : les bruts du Golfe persique, désormais bloqués ou détournés, sont des pétroles lourds, parfaits pour produire du gazole et du kérosène. Le brut américain disponible en remplacement, lui, est plus léger, et sert surtout à fabriquer de l’essence. Résultat, il y a peu d’alternatives à court terme pour le diesel, ce qui fait grimper son prix encore plus vite.

Et l’IFPEN prévoit que le baril pourrait avoisiner 130 dollars d’ici mai. Si ça se confirme… on n’a peut-être pas encore vu le pire.

Qui profite vraiment de cette flambée ?

Michel-Édouard Leclerc a mis les pieds dans le plat : ce ne sont pas les stations-service ni les distributeurs comme Leclerc, U ou Intermarché qui se font des marges indues. Les vraies hausses viennent des raffineurs, Total, BP, Avia en tête. La « bulle spéculative d’anticipation », comme il l’appelle, se forme très en amont, avant même que le carburant n’arrive à la pompe. Et les contrôles de la DGCCRF ont d’ailleurs révélé qu’une station sur six affichait des anomalies tarifaires.

Le porte-parole des pétroliers lui-même reconnaît que la marge brute de raffinage est « atypique » en ce moment. Mais il promet que ça ne durera pas. Facile à dire quand on n’est pas celui qui passe à la caisse…

Ce que vous pouvez faire concrètement

Face à cette situation, quelques réflexes peuvent aider à limiter la casse :

  • Comparer les prix sur prix-carburants.gouv.fr avant de faire le plein, les écarts entre stations peuvent dépasser 20 centimes
  • Préférer les stations de grandes surfaces (Leclerc, Intermarché, Système U restent souvent les moins chères)
  • Adopter une conduite plus souple : réduire sa vitesse sur autoroute de 130 à 110 km/h peut diminuer la consommation de 20 %
  • Signaler toute anomalie de prix via la plateforme Signal Conso

Les recherches sur les voitures électriques ont bondi de 75 % depuis le début du conflit. Ironique, non ? Une guerre à l’autre bout du monde qui finit par accélérer la transition énergétique en France. Pas vraiment la manière dont on aurait aimé y arriver, mais voilà.

Le gouvernement a pour l’instant refusé de baisser les taxes sur le carburant, préférant des mesures de soutien à la trésorerie pour les pêcheurs et les transporteurs. Pour les particuliers, la réponse officielle reste : « Tout dépendra de la durée du conflit. » Ce qui ne rassure pas vraiment au moment de passer à la caisse.

Partagez cet article
Aucun commentaire