La 51e cérémonie des César s’est tenue le 26 février 2026 à l’Olympia, et franchement, on ne s’attendait pas à une soirée aussi chargée en émotions. Entre les larmes de Benjamin Lavernhe face à son idole Jim Carrey, la parodie mordante de Camille Cottin et un palmarès qui a su réconcilier cinéma d’auteur et grand public, cette nuit-là restera dans les mémoires. Voici ce qui s’est vraiment passé.
Une ouverture qui a retourné l’Olympia
Benjamin Lavernhe maître de cérémonie, tout le monde le savait. Mais personne ne s’attendait à ce que la soirée commence de cette façon. L’acteur de la Comédie-Française, fan absolu de Jim Carrey depuis ses 10 ans, a raconté sa première séance de The Mask au cinéma Le Castille à Poitiers. Et là, devant toute la salle, il a craqué. Les larmes, les vrais, pas celles du tapis rouge. Le public a applaudi, Jim Carrey au premier rang a souri, et tout le monde a compris que cette cérémonie serait différente.
Lavernhe a ensuite sorti le véritable masque de The Mask de 1994, prêté par le musée Cinéma et Miniature de Lyon, et a enchaîné sur une chorégraphie totalement déjantée. Impeccable, drôle, humain. Un début de soirée qu’on ne voit pas souvent dans ce genre de cérémonie.
Camille Cottin en mode Trump
La présidente de cette édition n’est pas restée en reste. Entrée sur scène au son de la BO de Top Gun, lunettes d’aviateur vissées sur le nez, Camille Cottin a livré une parodie mordante de Donald Trump en promettant de rendre « le cinéma français great again ». La salle s’est fendue la poire. Un moment politique, léger mais pas naïf, qui dit beaucoup sur l’état d’esprit de la profession.
Jim Carrey, discours en français et standing ovation
C’est le moment qu’on attendait tous, sans vraiment le savoir. Jim Carrey, 64 ans, a reçu son César d’honneur des mains de Michel Gondry, son réalisateur d’Eternal Sunshine of the Spotless Mind. Mais la vraie surprise ? Son discours entièrement en français. Il a évoqué ses ancêtres bretons originaires de Saint-Malo, remercié son père qu’il a décrit comme « l’homme le plus drôle qu’il ait jamais rencontré », et conclu en se moquant gentiment de son propre accent.
Et puis il y a eu ce moment suspendu. Emmanuel Curtil, la voix française de Jim Carrey depuis des décennies, est monté sur scène pour rencontrer en chair et en os l’homme qu’il double depuis trente ans. Symbolique, troublant, unique.
Le palmarès : ce qu’il faut retenir
Le palmarès 2026 a clairement récompensé la diversité du cinéma français. Pas de grand vainqueur qui rafle tout, mais une répartition cohérente entre les favoris.
| Catégorie | Lauréat |
|---|---|
| Meilleur film | L’Attachement de Carine Tardieu |
| Meilleure réalisation | Richard Linklater pour Nouvelle Vague |
| Meilleure actrice | Léa Drucker pour Dossier 137 |
| Meilleur acteur | Laurent Lafitte pour La Femme la plus riche du monde |
| Meilleur scénario original | Franck Dubosc pour Un ours dans le Jura |
| César d’honneur | Jim Carrey |
Nouvelle Vague, le film en noir et blanc de Linklater sur le tournage d’À bout de souffle, repart avec quatre statuettes techniques. L’Attachement de Carine Tardieu, plongée dans le deuil et la reconstruction, remporte le titre suprême. Un choix du coeur qui n’a pas surpris grand-monde dans la salle.
Les moments qui ont marqué au-delà du palmarès
- Golshifteh Farahani a transformé la remise du César du meilleur scénario en tribune politique, rendant hommage aux victimes de la répression en Iran avec des mots forts et dignes.
- Franck Dubosc, un an après son sketch hilarant sur les « Césario », repart avec sa première statuette pour Un ours dans le Jura. La vie a le sens de l’humour.
- Isabelle Adjani a demandé à tous les hommes présents de se lever en soutien aux femmes victimes de violences. La salle s’est levée.
Un taux de participation record des membres de l’Académie, avec 83,92 % des votes exprimés. Le cinéma français se porte bien, et cette soirée l’a prouvé d’une façon qu’on n’attendait pas.
